Ma' ne pouvait pas choisir meilleure date que ce samedi pour évoquer le mot
MÉMOIRE
Mardi 11 novembre, de nombreuses commémorations avaient lieu en MÉMOIRE des soldats de la Grande guerre.
Jeudi 13 novembre, d'autres cérémonies étaient organisées en MÉMOIRE des victimes des attentats du Bataclan, il y a tout juste 10 ans.
Pour ma part, j'ai choisi un autre sujet de MÉMOIRE un peu oublié de nos jours mais qui, pourtant, a profondément marqué l'histoire de notre Poitou.
C'est lors d'un Terra Aventura, cet été, avec Tit'Marmotte que j'ai découvert cette plaque, à Augé, petit village proche du Terrier.
Ne pouvant plus exercer leur culte protestant, de nombreux huguenots ont fait le choix de s'exiler tout particulièrement en "Nouvelle France" devenue le Canada. C'est ainsi que beaucoup d'Acadiens sont des descendants de ces émigrés.
Tel est le cas de Michel Jamonneau dit "Laliberté".
Il embarqua pour la Nouvelle-France le 26 avril 1687, à bord du navire «L’Arc-en-Ciel» ! Il fut recruté comme soldat pour faire face aux attaques des Anglais et des Iroquois... C’est le nom des Amérindiens peuplant le nord du continent, jusqu’à l’arrivée des Européens. Élevé dans la foi «huguenote», il fuyait la misère et les persécutions religieuses. Là-bas, Michel Jamonneau «tomba en amour» pour Marie-Rose et s’installa à Montréal, où il vécut heureux auprès de «sa blonde». La mère de cette dernière était une «fille du roi»... C’est-à-dire une jeune orpheline envoyée en Nouvelle-France pour se marier.
Nombreux sont les temples et les cimetières protestants dans les environs. Près de Melle, à Beaussais, un musée du Poitou protestant, installé dans une ancienne église romane devenue temple, permet de comprendre cette histoire, notamment grâce à Jean Migault. Cet instituteur, qui n'a pas voulu renier sa foi, s'est exilé à Amsterdam et a écrit son journal pour livrer à ses descendants le récit des sombres moments qu'il a traversés.
Je ne peux pas quitter Augé sans évoquer un autre lieu de MÉMOIRE beaucoup plus récent: la Résistance.
En 1944, les combattants poitevins multiplient les actions contre les troupes allemandes. Le 31 août, ils mènent une opération à Augé, qui a bien failli tourner au vinaigre… Les résistants blessent et tuent plusieurs soldats ennemis et les représailles ne se font pas attendre... L’armée allemande prend les habitants d’Augé en otage, qui ne devront leur salut qu’au médecin du village ! Ayant soigné quelques membres des troupes occupantes, ce dernier persuade le commandant de libérer les siens, évitant de peu le massacre.
Une stèle commémore cet événement historique.
Comme partout dans l'Ouest, Augé a accueilli de nombreux réfugiés du Nord et de l'Est.
Ironie de l'histoire: aujourd'hui j'ai une pensée pour ma chère amie qui pleure sa Maman qui en faisait partie et a vécu à Augé quelque temps avec ses parents.
Et maintenant, si nous allions Du côté de chez Ma' pour voir comment les autres participants gèrent cette MÉMOIRE.